lundi 27 mai 2013

Un conseil de ma concierge au directeur du Palais des festivals de Cannes ! (Art.148)


Ra7it el sakra wou éjit el fekra. Avant que je n’oublie quand même ! Je n’ai jamais compris cet engouement pour suivre cette agitation nombriliste de stars à Cannes au mois de mai, chaher el Aadra, dakhil esma. Jamais au grand jamais ! 130 000 touristes, composés de badaudes et de badauds, sans compter les canidés qui les accompagnent ; 4 000 journalistes, couvrant l’actualité artistique plutôt que balistique ; 4 000 agents de sécurité, les célèbres gorilles ; 500 policiers, qui font bronzette sur la Croisette ; 26 millions $ de budget, la moitié provenant de fonds publics svp ; 260 millions $ de retombées économiques, et BB trouve encore à redire ; 155 000 $ la journée avec un Yacht de 80 m, soit près de 1,8 $ la seconde de téfchikh ; 49 000 $ la suite royale au Majestic, pour deux personnes et pour une semaine, ce qui fait que même avec un sommeil de koala de 22h/j, pour profiter au maximum du séjour de prestige dans l’hôtel, l’heure dans les bras de Morphée reviendra à 319 $ ; 8 000 $ la journée en Limousine, sans avoir la possibilité de frimer en ouvrant la fenêtre, sinon Zéphyr vous fera passer pour un con ; 6 500 $ pour qu’un quidam puisse monter les 24 marches, soit 271 $ pour grimper de 17 cm au-dessus du niveau de la Méditerranée, une option parfaitement à la portée de minn 3a2lo zghir ; 1 700 $ la nuit au Carlton, où 15 kg de l’infecte caviar vous attendent ; et tout ça pour apercevoir furtivement un défilé de stars en tenues bizarres, plus ridicules les unes que les autres, alors qu’elles sont pour la plupart sublimes dans la vie de tous les jours. Une situation qui n’est pas sans me rappeler les mariages libanais ! Lah ya 3ammé ma téfta7lé halla2 bwéb msakra, on en parlera une autre fois. Donc, toute cette agitation nombriliste relève d’un grand mystère pour moi. Eh oui, il n’y a pas que les voies du Seigneur qui sont impénétrables. La connerie l’est tout autant. J’ai beau me répéter tous les ans, qu’il faut de tout pour faire un monde, eh bien, ça ne passe pas. Khalas, msakkar rassé 3al festival de Cannes kello sawa.

Toujours est-il, si j’ai décidé de vous en parler aujourd’hui c’est parce que figurez-vous mes cher(e)s ami(e)s que pour le bien-être, que dis-je pour le bien-paraître de ces nombrilistes en herbe, les organisateurs de ce festival n’ont pas trouvé de plus niais que... Avertissement : je vous prie de poser votre fessier carrément sur le sol car c’est si choquant que vous pourriez faire un malaise vagal ! Tenez, prenez même  un sucre d’orge à titre préventif. ...Donc ces organisateurs n’ont pas trouvé de plus niais que de changer le tapis, oui, oui, c’est ce que vous voyez à la télé d’habitude, accrochez-vous, donc je répète, ces organisateurs n’ont pas trouvé de plus niais que de changer le tapis rouge TROIS fois par jour ! Wlé maa2oul ! Satlané bala 7oudoud, conneries sans frontières ! Difficile de faire plus con, même avec un don inné. Tlét marrat bel yom ! Three times a day ! Tre volte al giorno ! Tatu kwa siku ! La dernière est en swahili. Mais putain, je rêve.

Christophe Arnould, le directeur des opérations du Palais des festivals de Cannes, justifie cette pratique stupide par « la nécessité d'offrir un tapis neuf pour chaque équipe de film qui monte les marches » ! Ya ho, ya 3alam, ya bachar, que quelqu’un dise à ce Monsieur que déjà son festival en lui-même... Ok, je radote. Zappons alors.

Wlak darouré yé7otto mokette aslann ! 250 000 m² de « moquette rouge » partent à la poubelle, auxquels il faut rajouter les 10 000 m² de « tapis écarlate » pour que ces êtres de paillettes s’exposent aux yeux médusés du public ! Najina ya Rab, Allah wou akbar ! Il faudrait quand même que quelqu’un explique à ce directeur que « dérouler le tapis rouge » est une expression française et qu’il ne faut pas la prendre à lettre. En tout cas, plus de nos jours. Aujourd’hui, elle est caduque. Ce bling-bling est grotesque et insupportable. Rien ne peut justifier de se débarrasser de kilomètres de tapis et de moquettes, qui finissaient il n'y a pas si longtemps que ça à la décharge de la Glacière à Villeneuve-Loubet, près de Cannes, comme on peut le voir dans cet extrait de « Super Trash » de Martin Esposito, qui sortira sur les écrans le 9 octobre 2013, un documentaire sur une enquête de deux ans dans une décharge à ciel ouvert au sud de la France (aujourd'hui fermée). Et même si la direction du Festival a fini par envoyer son tapis et sa moquette usés chez le fabricant italien pour assurer son recyclage et faire bonne figure, il faut qu’elle sache que la meilleure attitude écologique ce n’est pas de recycler ce que l’on a consommé mais de consommer moins, de consommer juste, de consommer intelligemment !

3a kel 7al, au Festival de Cannes baddoun mokette, falyakoun ! Mais bordel, ils ne sont pas obligés de changer le tapis trois fois par jour ! Une fois par jour est largement suffisante, comme le réclame l'association Greenpride. Et puis, que quelqu’un dise à M. Arnould quand même que l’Homo sapiens a eu bien le temps de réfléchir sur la question au cours de ces milliers d'années. Il a déjà inventé le balai à tapis en 1860 ! Et ce n'est pas tout. Des systèmes de soufflet qui aspirent la poussière via un tuyau flexible et amovible auquel plusieurs embouts peuvent être attachés, ce qu'on appelle communément "aspirateurs", existent depuis 1905 ! Wlak, aujourd’hui on trouve même des shampouineuses pour nettoyer les saloperies de tapis et de moquettes. Et s’il ne veut pas investir son argent dans de tels achats, par souci de gaspillage car cette agitation nombriliste ne dure qu’une dizaine de jours par an, il peut les louer ! Wallah el3azim, il peut les louer chez Kiloutou !

Ba3dén, je viens d’en parler avec ma concierge, elle est outrée par ce qui se passe à Cannes. Elle n’en revient pas. Elle m’a dit, « wlak ya BB, s’il veut absolument garder son tapis propre, il y a plus simple, plus économique et plus écologique. » Interloqué, je lui demande, « mais comment ? ». « Mais bon Dieu, il n’a qu’à installer un tapis-brosse avant les premières marches et les stars s'essuieront les pieds avant de monter comme tout le monde ! Tu penses bien, même si je t'aime beaucoup, je ne vais pas changer le tapis d'escalier tous les jours après ton passage ! » Voilà donc la sagesse de ma concierge, wou 2émit kholsit ! Et si tu es superstitieux mon cher Christophe et tu tiens à ton chiffre « trois », un tapis-brosse coute TROIS fois rien. Elle me l’a confirmé, c’est maxi 15 $, séda, et 30 $, chi mfazlak, ou personnalisé avec des clins d’œil du genre « Welcome à Cannes », « Tout sauf Lars Von Trier, Gus Van Sant et Jean-Luc Godard » ou « Le Festival de Cannes ne casse pas trois pattes à un canard ».

Wa ya7okkou lel kateb ma la ya7okkou lighaïrihi.
Wa ektada el tawdi7.
Wa assalamou 3alaykoum wa ra7matou Allah wou barakatouh !


Nota Bene
Cannes: pas de gâchis pour un tapis! #Cannes2013 #TapisRouge
Pétition mise en ligne par Greenpride pour demander aux responsables du Palais des Festivals de Cannes de réduire leur consommation de "tapis rouge" : un seul tapis par jour pendant tout le festival. Ce n'est pas la mer à boire quand même et aucune star ne se sentira offusquée, a priori !

dimanche 12 mai 2013

Affaire Anthony Touma : la violation de la souveraineté libanaise par Jenifer (Art.142)


On dit qu’il a une voix exceptionnelle. C’est de l’avis même de Pascal Nègre, le manitou d’Universal. Désolé, je n’ai pas encore eu l’occasion de l’écouter. Pas par manque de temps ou d'intérêt, mais parce que 3éndé khaslé, kasra, ta3jé, cha7ta, sammouwa métél ma badkoun, je regarde souvent la télé en mode « mute »! Ce n'est pas gentil, hein? C'est mon côté « sadique » diront les psychanalystes. Lol, du bout des lèvres. Bass bi ma énno min mbéri7 2éiymé el dényé wou 2é3dé 3al facebook, et étant donné que même le Président de la République libanaise, commandant en chef des forces armées, s’en est mêlé, et que The Voice devient une affaire d’Etat, alors je me joins 3al 3emyéné aux protestataires-contestataires-conquistadors. 3aléhom, à l'attaque !

Il avait pourtant choisi de rejoindre son équipe. Elle l’a repêché une fois -mais ça, les Libanais l'avaient oublié lors d'un tri amnésique très intéressé- avant de le sacrifier hier, sur l’autel d’Olympe, un autre candidat qui, dit-on, n'est pas moins talentueux que lui. Wallah el Azim, Jenifer est une A7bé, classe triple A ! Chlekké à ses heures perdues et même charmouta sur les bords. Mni7 heik, ça va comme ça ? Elle n’est qu’une médiocre poule d’élevage de la Star Academy n°1, la toute première de la série qui a commencé en 2002, une idée affligeante des maisons de disque, pour faire du fric à la vitesse du son, adoptée par celui qui voulait « rendre le cerveau des téléspectateurs disponible pour Coca-Cola », et faire du fric à la vitesse du con. Wallah, la vérité si je mens, vrai de vrai, texto. Wlak, Patrick Lelay, magheiro, l’ex-PDG de TF1. Hélas, c’est une autre histoire, je vous la raconterai un jour. Tawloulé bélkoun.

Oui, c’est une pétasse de traitre,  wou7dé khéiné, yé3né youdass bé7ad zéto, l'incarnation de Judas l'Iscariote himself. Mni7 heik, ça va toujours comme vous voulez ? Wlak, même sa statue en cire au musée Grévin l’a renié après le coup bas qu’elle aurait porté à notre Anthony Touma national. Au passage, on raconte ce matin dans les rues et sur les terrasses de Paris, que la direction du musée parisien regrette d’avoir intégré Jenifer dans ses collections, depuis que les visiteurs demandent le remboursement de leurs billets car la statue de la chanteuse n’a plus rien à voir avec le modèle original ! Dame Jenifer en chair et en os, se travaille aussi bien que la cire, un bistouri suffit. Elle préparerait actuellement un lifting de sa moelle, sa thyroïde et de ses deux ovaires, tout le reste étant déjà fait. Chou, kello 3a zawé2koun, Mesdames, Messieurs, tout va bien ? Je n'y vais pas de main morte, quand même ! Comment vous sentez-vous maintenant ? Mieux, n'est-ce pas ? Badkoun toussa ba3ed chouwayé ? Alors, j’en remets encore une couche ?

Tayeb,
si tout cela ne suffit pas à vous consoler, à adoucir votre douleur et votre rage, je m’engage à créer une poupée vaudou à l’effigie de Jenifer, et à la distribuer gratuitement à tous les foyers libanais, toutes communautés réunies et toutes tendances politiques confondues, aux 128 députés de la nation même, et ceci dès mercredi à l’occasion du possible vote d’une nouvelle loi électorale, pour que chaque Libanais et son représentant où qu'ils soient, puissent se venger quand ils veulent et autant qu’ils le souhaitent sur celle qui symbolise aujourd’hui la source même de tous nos maux. Ouf, maintenant que l’honneur est sauf et que la souveraineté nationale est de nouveau entre les mains du peuple libanais, au fait, bel nésbé la boukra chou, qu’est-ce qu’on fait demain ?

Nota Bene : On peut être déçu par l'élimination d'un compatriote talentueux, mais de là, à en faire une affaire d'Etat, il y a tout de même de la marge! Et encore, je peux comprendre la déception sincère d'un grand nombre de Libanais. Par contre, je ne comprends pas ceux qui crient à l'injustice et s’engouffrent dans les méandres de la haine et de la médisance. Désolé, la marge précédente devient dans ce cas, un abîme. "Elle l'aurait fait parce qu'elle était juive, parce qu'il n'a pas cédé à ses avances ou parce que c'était une salope", sont des propos qui ne sont pas sains. J'espère que personne, Jenifer en tête, les déçus sincères et les conquistadors, ne prendront tout cela bien au sérieux. Ce n'est qu'un essai satirique d'un écrivain sarcastique, sans arrière-pensée et sans lendemain, pour dénoncer la dérive des réactions de quelques uns à une affaire banale de choix personnel. Cela ne m'a pas empêché d'égratigner au passage ceux qui recourent à outrance à la chirurgie esthétique et la politique apothico-culturelle des maisons de disque et des chaines de télévision.

samedi 11 mai 2013

Une autoroute en plein coeur d’Achrafieh : le dernier délire de la municipalité de Beyrouth (Art.141)


Alors qu’elle n’est même pas fichue d’ouvrir le plus grand espace vert de Beyrouth, le Bois des Pins, aux résidents libanais -une ouverture qui était censée avoir lieu il y a plus de 11 ans  selon le contrat qui la lie à la région Ile-de-France!- voilà le dernier délire de l’équipe municipale de Bilal Hamad. Un projet d’autoroute de 1,3 km sorti des cartons poussiéreux des archives des années 50 en plein cœur d’Achrafieh ! Il devrait relier l’avenue Charles Helou (zone du port) à l’autoroute de Hazmieh (route de Damas) à hauteur de Mar Mitr. Le projet de l’autoroute Fouad Boutros pose plusieurs problèmes majeurs que tout Libanais devrait connaître car il illustre merveilleusement bien le tiers-mondisme de certains esprits de nos chers administrateurs.  

1. Ce projet d’autoroute est une atteinte au patrimoine, à l’identité et à l’âme de Beyrouth. Rachid Achkar, le chargé du Comité de transport au Conseil municipal de Beyrouth, plein d’enthousiasme précise à propos de ce projet : « Nous avons une vision à long terme de la ville. Ce projet appartient à une vision globale des infrastructures routières, ça serait dommage de la désavouer.»  Et pourtant, il devrait savoir que passer une voie rapide entre des bâtiments datant de l’époque ottomane, c’est tuer l’âme de Beyrouth. En effet, le tracé actuel détruira une partie d’Achrafieh, en mutilant gravement des quartiers situés dans la zone La Sagesse-Mar Makhail-Gemmayzé. Il menacera selon l’association Save Beirut Heritage, une soixantaine de constructions anciennes dont la moitié d’habitations traditionnelles, incluant les fameuses demeures aux trois arcs qui font tout le charme de notre capitale. M. Achkar reconnait pourtant que le projet municipal est une atteinte au patrimoine : « Le pont sur la rue d’Arménie est l’élément qui me chagrine le plus, notamment parce que nous devrons détruire de très belles demeures. » Mais, cela ne l’empêche pas de dormir ! Décidément, ils n’ont rien compris. C’est à se demander si le Conseil municipal de notre capitale se donne la peine ne serait-ce que de lire les signalisations installées à Gemmayzé par exemple : « 7aïy zou tabé3 tourassé », quartier à caractère traditionnel ! Et quand on coince Rachid Achkar, il avoue sans gêne : « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Le projet créera un nouveau flux et pénalisera certes l’entrée d’Achrafieh. » Wlak tfeh, comme diraient traditionnellement les Libanais écœurés par tant d’absurdités.

2. Il s’agit d’une atteinte au cadre de vie des Achrafiotes. La municipalité de Beyrouth prétend qu’une grande partie de l’autoroute sera enterrée. Faux, rétorquent les activistes. D’après les plans seulement 300 m le seront ! Passer des voitures qui roulent à 70 km/h à 10 m du sol et à quelques mètres des appartements des riverains, c’est condamner tous les immeubles qui bordent cette voie rapide, même ceux situés dans la 2e, 3e ou 4e rangée ! Franchement, c’est à se demander sérieusement si ce n’est pas aussi un des buts cachés du projet, expulser la classe libanaise moyenne en dehors de Beyrouth intramuros afin de préparer le terrain pour racheter les immeubles anciens, les démolir, et construire à leur place des tours laides destinées aux richards et aux snobinards Arabes et Libanais ! Et quoi espérer de plus de « Monsieur circulation » de la municipalité qui constate avec fatalisme : « Il n’y a pas de mystère. Il y a des voitures et il faut qu’elles circulent. » La municipalité de Beyrouth comprend tout de travers. Elle est sans doute l’une des rares municipalités au monde qui encore en 2013 détruit des habitations traditionnelles, des îlots de verdure, pour faire de la voiture, sa petite reine et garde le plus grand espace vert de la capitale fermé au public ! Je vous ai prévenu, le tiers-mondisme des esprits, c’est une école de pensée dans nos contrées.

3. Il s’agit d’un gaspillage flagrant de l’argent public. L’autoroute Fouad Boutros à Achrafieh est financée par la municipalité de Beyrouth. On parle quand même d'au moins 60 millions de dollars ! Smala fi ba7bou7a hal iyém grâce aux honnêtes citoyens de la ville, qui payent gentiment leurs taxes municipales depuis des années, sans trop râler et sans trop exiger en retour. Il sera exécuté par le Conseil du Développement et de la Reconstruction. De l’avis de tous, il existe des alternatives moins couteuses et plus respectueuses de l’environnement, de l’homme et de la nature, que le projet actuel. C’est un gaspillage flagrant de l’argent public, puisque les nouveaux locataires de la municipalité de Beyrouth font en sorte comme si de 1959 à 2013 -je vous rappelle que le projet date des années 50 !- aucune infrastructure n’a été réalisé dans Beyrouth, l’avenue Emile Lahoud qui relie le littoral à Hazmieh n’étant qu’un exemple parmi d’autres! Aucune étude préalable n’a été menée récemment par la municipalité de Beyrouth pour évaluer sérieusement l’utilité de l’autoroute en 2013 quant à son influence sur le trafic et les embouteillages dans Achrafieh, sur le cadre de vie des habitants des quartiers concernés et sur l’environnement. Ne me demandez pas pourquoi mais le brassage de l’argent public me rappelle étrangement le brassage de la bière, il y a toujours une partie du liquide qui s’évapore ! Mais voyons, ce n'est pas par hasard qu’on parle d’argent liquide.

4. Il ne résout pas le cauchemar des embouteillages des Libanais. Et ceci pour la simple raison, qu'il ne s’attaque pas aux sources  du problème des embouteillages au Liban : trop de voitures, peu de transport en commun, centralisation des activités dans la capitale et des voies de communication inextensibles ! On a une, deux, quatre ou cinq voitures par foyer. Les transports en commun au Liban sont une mascarade. Tout passe par Beyrouth. Les rues de la capitale sont exiguës et les voies qui y mènent sont inextensibles. Ce projet ne s’attaque à aucun de ces quatre paramètres. La nouvelle autoroute ne fera qu’accentuer les embouteillages sur les autres axes d’Achrafieh, notamment du côté de Saydé et du côté d’Alfred Naccache. Yé3né bel mchabra7, avant, on avait des difficultés pour circuler et du bruit, avec le projet municipal les Achrafiotes auront plus d’embouteillages et beaucoup de nuisance. Génial. Merci la municipalité de Beyrouth.

Désespérant ce pays ! Quand vont-ils comprendre dans cette ville que ce dont les Libanais ont le plus besoin actuellement ce ne sont pas plus de voitures, plus d'autoroutes, plus d'immeubles modernes laids, plus d’activités abrutissantes en tous genres, et plus de projets montés en dépit du bon sens, mais moins de voitures, moins de klaxons, moins d’interminables chantiers, moins de poussière, moins de moteurs, wlak moins de nuisance et de pollution qu’elles soient olfactive, auditive ou visuelle !

Que les députés de Beyrouth et les membres du Conseil municipal de la capitale sachent que certains résidents de la ville s’en foutent royalement de ce projet. Avant de balancer  60 millions de dollars par les fenêtres, sur un projet qui ne va pas résoudre le problème de fond du trafic autoroutier à Beyrouth:

1. Nous demandons d’abandonner l’idée de faire passer l’autoroute Fouad Boutros à Achrafieh dans les chambres à coucher des riverains, un projet couteux, inefficace et nuisible pour les Achrafiotes. Il est encore temps, même si les travaux sont prévus à la fin de l’année 2013, sur près de 3 ans.

2. Nous réclamons de stopper immédiatement la destruction des immeubles de taille humaine de Beyrouth, 2 à 6 étages, pour les remplacer par des tours inhumaines de 10, 20 ou 50 étages, qui ramènent dans la ville, encore plus de trafic, alors que les rues de la capitale ne sont pas extensibles, et qui jettent en dehors de Beyrouth la classe libanaise moyenne ! Tenez, au passage, j’aimerai savoir qui sont ces imbéciles qui ont autorisé à construire une laideur de 50 étages comme Sama Beirut, binéyé mad7ouché, c’est vraiment le cas de le dire, entre l’avenue de l’Indépendance et la rue Abed el-Wahab el-Inghlizé, dont l’entrée et la sortie, tenez-vous bien, se font par une route à deux voies, une pour l'aller, une pour le retour ! Allah yér7am trabak ya Alphonse Allais, qui disait « quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limites », surtout les bornes de la connerie. Chers administrateurs, sachez que nous aimerions voir dans notre ville plus d’habitations traditionnelles aux trois arcs plutôt que de hautes tours modernes, plus de persiennes en bois bleues plutôt que de fenêtres en aluminium marron et plus de beauté que de laideur. Un peu de bons sens tout de même ! Il faut renvoyer les promoteurs de tours, à Dbaiyé par exemple, sur La Marina, une zone qui se situe déjà sur un axe autoroutier, au lieu de les ramener dans les ruelles et les impasses de la capitale.

3. Nous souhaitons plus de transports en commun, autres que ces bus de misère à « 500 LL » où aucune fille ou femme normalement constituée n’ose s’aventurer si elle n’est pas contrainte, forcée et accompagnée.

4. Nous voulons plus de taxis dignes de ce nom ! Il faudrait quand même envisager un jour, avant l’an de grâce 2345, de réglementer et d'homogénéiser les taxis de Beyrouth et surtout de fixer un certain « standard », esthétique et mécanique, qu’on retrouve dans la plupart des capitales de ce monde. Imposer une couleur, jaune, orange, rouge, bleu, qu’importe mais une couleur unique obligatoire et reconnaissable à distance, ça éviterait les désagréables et incessants coups de klaxon. Rendre le compteur obligatoire aussi. Et puisqu’on y est, mettre des bus de qualité entre l’aéroport de Beyrouth et le centre-ville, wlak au moins pour ne pas apparaitre ridicules devant les Istanbuliotes !

5. Nous espérons voir construire plus de parkings abordables en périphérie de Beyrouth, où les gens pourraient laisser leurs voitures pour la journée pour une modique somme, afin de se rendre à leurs destinations intramuros en bus ou en taxi.

6. Nous exigeons l’ouverture immédiate du Bois des Pins aux résidents libanais, avec 11 ans de retard, mais son ouverture quand même !

7. Nous rêvons de plus d’arbres dans les jardins existants et sur les trottoirs. Etant donné le prix du mètre carré, nous n’espérons plus, ni de nouveau parcs, ni de nouveaux jardins, ni même de nouveaux squares, mais le reboisement massif des jardins et des squares existants et surtout de toutes les rues de Beyrouth. « Des arbres dans toutes les rue de Beyrouth : Yes we can ! » est un projet peu couteux et réalisable qui bouleversera la vie des Beyrouthins.

8. Enfin, et c’est sans doute le point qui me tient le plus à cœur, nous demandons fermement à la municipalité de Beyrouth d’arrêter la transformation des magnifiques ficus de Beyrouth en de snobinards et de ridicules arbres d’ornement, taillés en boule ou en cube, dans une ville poussiéreuse et polluée, où il ne pleut pas une goutte d’eau la moitié de l’année, où il fait plus de 30° six mois durant et où les Beyrouthins ne disposent que de 0,1 million m² de verdure, alors que les Parisiens en ont 24 millions m² et les Berlinois 64 millions m² !

Voilà une partie de nos aspirations. Sachez, chers administrateurs de Beyrouth, que nous les considérons comme des thèmes électoraux. Nous vous jugerons aux prochaines élections, législatives de 2013 et municipales de 2016, sur ces points précisément. Vous en faites ce que vous voulez. A bon entendeur, salut !


Références


Un parking en plein cœur d'un jardin d'Achrafieh : le dernier délire (bis) de la municipalité de Beyrouth (Art.152) par Bakhos Baalbaki

Fête de la musique au jardin de Geitawi le vendredi 21 juin, et pourquoi pas ? (Art.153) par Bakhos Baalbaki

Deux tiers du sous-sol du jardin de Geitawi sera bétonné (Art.155) par Bakhos Baalbaki


Pétition en ligne contre le projet de l'autoroute d'Achrafieh


Mise à jour (1er mars 2014)

On s'active du côté de la municipalité de Beyrouth pour l'autoroute Fouad Boutros à Achrafieh ! BB's BLOGs

vendredi 12 avril 2013

Les fronts se multiplient, mais un seul est primordial ! Sous l’œil de Fatima (Art.133)


- BB: On dit...
- BB himself: Qui ça "on"?
- BB: C'est moi qui le dis, mni7 heik? Mais je n'allais pas commencer par le "je" nombriliste qui t'est cher!
- BB himself: Smallah 3leik, bé’ism el salib, yé rédd el 3ein! Baddak kharzé zar2a yémkin?
- BB: Euh, ça ne serait pas superflu. Bien que je ne sois pas superstitieux, un göz boncuk, une amulette d’œil de perle bleue, pour me protéger du nazar, le mauvais œil, c’est très istanbuliote et ça me plairait beaucoup, merci. Je dirais même plus. Etre sous la protection de l’œil de Fatima, la fille préférée de Mahomet, la Reine des femmes du Paradis, comme il l’a surnommé, je me sentirais entre de bonnes mains.
- BB himself: Il ne serait pas un peu nombriliste le narcissique ?
- BB: Cher esprit sein...
- BB himself: C'est "sain", s-a-i-n, et non pas "sein", s-e-i-n!
- BB: Ha ha ha, je suis m-d-r. Mort de rire au cas où ça t'a échappé!
- BB himself: D’accord, je ne suis pas en odeur de sainteté, n'est-ce pas?
- BB: Tu n'es qu'un obsédé de toute façon et de toutes choses!
- BB himself: Tout ça parce que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt un article sérieux SVP, écrit par un docteur en médecine de l'hôpital de Besançon, qui a mené une étude scientifique sur 320 femmes "psycho-allergiques" à ce sous-vêtement pendant 16 ans, et qui est arrivé à la conclusion comme quoi le soutien-gorge ne sert absolument à rien ! « Si la femme met un soutien-gorge dès l'apparition de ses seins, l'appareil suspenseur ne travaille pas correctement et ses tissus de suspension se distendent ». Donc, les femmes s’enquiquineraient à le porter depuis Eve de Mathusalem, pire à dépenser des fortunes pour se faire plaisir, et tout ça pour rien. Que dalle.
- BB: Oh, il faut voir! En tout cas, c'est pour faire plaisir quand même.
- BB himself: Pour une fois, on est d’accord. Il n’empêche que ce n’est pas par hasard que tu es un « pervers narcissique ».
- BB: Les narcisses embaument les champs; il n’empêche, va te faire voir chez les Grecs! Donc, je disais qu'on dit...
- BB himself: Bonjour le « je »! Mais dis-donc BB, tu peux accoucher vite, oui!
- BB: Tu veux dire à coucher vite mon idée sur mon mur?
- BB himself: Allons, soyons sérieux.
- BB: Pourquoi, on ne l’est pas assez ? Je préfère traiter des sujets sérieux avec un peu d’humour que d’effleurer les futilités avec beaucoup de sérieux ! Mais bon, il est absolument nécessaire d'être futile.
- BB himself: Menteur.
- BB: Ah, tu l'as vu à mon nez ! En tout cas, si le mensonge allonge le nez des menteurs, la jalousie, elle, fait pousser les mauvaises langues. Allez, dis "ah"...
- BB himself: Ha ha ha. Careful With That Axe, Eugene !
- BB: Lol ! Heureusement que le ridicule ne tue pas, pour qu’on puisse en rire de temps à autre.
- BB himself: Objection accordée avec émoticône de clin d’œil et tout un arbre de nazar boncuk.


- BB: Donc, on dit qu’il ne faut pas laisser le détail prendre le dessus sur l'essentiel! Ta3addadat el jabahat, wal assasiya wa7ida (les fronts se multiplient, mais un seul est primordial): une nouvelle loi électorale et des élections le plus tôt possible. Jabhat al-Nosra, Jabhat al-Nidal, Jabhat el soumoud wal tassadé wal mou2éwamé wal mouména3a wal mytholgia, wa hallouma jara, qu’importe, il nous faut une nouvelle loi électorale, no2ta 3al sater. Voilà pourquoi mon prochain article lui sera consacré, encore une fois : « Hypocrites, la loi orthodoxe est appliquée de facto au Liban, et le restera, à cause de la loi de 1960 ! »
- BB himself: Je suis bouche bée !
- BB: Ferme-la alors. A part ça, dans les détails, j’ai l’embarras du choix. Tiens, depuis son arrivée aux larges du Liban fin février, je veux vous parler de Fatmagül Sultan, le bateau-générateur-électrique, ou l’ingénieuse mise en pratique par Gebran Bassil de l’idée « On fait ce qu’on peut pour gaspiller l’argent public ! », malgré de bonnes intentions sans doute. 3tebrou2a haydé awwal daf3a! J’y reviendrai dans un article.
- BB himself: Eh bien !
- BB: Et ce n’est pas tout. Autre détail, le consensus de pacotille autour de Tammam Salam. Grotesque. C’est à oublier presque que nous avons des élections législatives, censées avoir lieu dans moins de 2 mois ! Quelle mascarade ce pays. « Tammam Salam : pour un gouvernement inutile, éphémère et surréaliste. » J’y reviendrai naturellement. Bass ma3na wa2ét !
- BB himself: D’autres annonces ?
- BB: Oui, je vomis Kim Jong-un, président du Comité de la défense nationale de Corée du Nord, Secrétaire général du Parti du travail de Corée, Chef suprême de la République populaire et démocratique de Corée, Commandant suprême de l'Armée populaire de Corée, petit camarade totalitaire merdeux sadique d’obèse gâté de 30 ans, quand même, qui veut qu’on le prenne au sérieux en menaçant les Etats-Unis, la Corée du Sud et le monde entier d’une guerre thermonucléaire, comme s’il n’y avait pas assez de cinglés dans la nature, ne se rendant pas compte qu’il est l’idiot utile qui rend un énorme service aux Etats-Unis, pour justifier le stationnement de plus de 50 000 soldats américains en Corée du Sud et au Japon, et à la Chine, qui voudrait retarder le plus longtemps possible la réunification inéluctable des deux Corée.
- BB himself: Waouh. Un article ?
- BB: Non, ça ne vaut pas la peine. Le Kim Jong-un n’est qu’un « soufflé médiatique ». Mais, restons en Corée. Je paye quiconque qui voudrait reprendre mon big Galaxy sud-coréen, qui malgré sa grande taille s’est révélé être un stupidphone, comme son congénère américain, l’iPhone! Et par souci écologique je me retiens pour ne pas le foutre dans un feu de brousse, pas dans un feu de cheminée, ça serait lui faire trop d'honneur, abboulé ekhit ma7louché, ou pour ne pas le foutre par terre et sauter dessus avec uniquement mon pied gauche, pas le pied droit, ça serait lui faire trop d'honneur aussi de la part d'un droitier !
- BB himself: Mais pourquoi tant de haine ?
- BB : Impossible de taper ne serait-ce qu’un pauvre SMS de 160 caractères, n’en parlons pas d’un article à la BB, sans passer 10 minutes et sans faire 36 erreurs ! De grâce, j’appelle solennellement les fabricants de portables à mettre sur le marché un téléphone avec un grand écran et un putain de saloperie de vrai clavier !
- BB himself: Le mot de la fin ?
- BB: Foutaises !

lundi 1 avril 2013

Aménagement des espaces verts à Beyrouth : entre l’aberration, le risible et le tragique (Art.130)


Nous ne sommes vraiment pas très exigeants. Mais plus qu’eux je pense. Nous nous soucions de l’argent public, pas eux, je crois. Nous essayons de nous comporter en de gentils citoyens, payant nos taxes municipales à temps, pour que les gars de la municipalité de Beyrouth puissent disposer d’un bel pactole en fin de mois pour leurs divers projets dont nous ne profitons pas ou peu. Nous n’avons pas d’arrière-pensées électorales, eux, si ! La une du quotidien L’Orient-Le Jour d’aujourd’hui me fait sourire. « Dans un an, des lacs artificiels et des fontaines lumineuses dans les jardins de Beyrouth ». Rien que ça, comme une soi-disant bonne nouvelle du lundi. Pas de bol, ce lundi tombe un 1er avril ! Poisson d’avril, tralala. Wlak ya reit, pour une fois ! Qu’importe, on m’offre une belle occasion pour marteler quelques vérités de bon sens, alors je ne vais surement pas m’en priver.
 

Au nom de quelques personnes encore lucides malgré le puissant anesthésique qu’on nous injecte dès la naissance, et les rappels occasionnels, notamment dès le retour à l’aéroport international de Beyrouth, meurtries par l’enlaidissement de notre ville et par l’incompétence de certains de nos représentants au pays où coulaient jadis le lait et le miel, je dis à la municipalité de Beyrouth :

1. NON, nous ne voulons pas
« de vaste plan de réaménagement des jardins publics de la capitale... concernant non pas un, mais cinq jardins publics à Beyrouth », avant la réalisation de simples petits projets de rien du tout !

2. NON, nous ne voulons pas de projets chimériques et couteux, nous voulons de projets réalisables et au moindre coût, la devise de tout percepteur honnête. Mais au pays des 60 milliards de dollars de dette, 135 % de notre PIB, les percepteurs honnêtes ne courent pas les rues ! Hélas.

 
3. NON, nous ne croyons pas que « Le plus important de ces plans concernera la Forêt des Pins, qui couvre une surface de 100.000 mètres carrés (au passage, c’est 300 000 m² et non 100 000 !). Pour ce jardin, il est prévu l’aménagement de lacs artificiels, dont certains seront surmontés de ponts à aspect rustique, de fontaines lumineuses, le tout entouré d’arbres exotiques et méditerranéens dont le choix a fait l’objet d’une étude spéciale... Sera construit un restaurant qui comportera une buvette, un bar, une cuisine avec tous les accessoires nécessaires », projet ridicule et couteux, le plus important c’est d’ouvrir tout simplement le Bois des Pins au public libanais, une ouverture qui aurait dû avoir lieu en 2002, selon le contrat établit entre la municipalité de Beyrouth et la région Ile-de-France, c’est-à-dire il y a 11 ans ! En plus, ce ne sont pas les lacs artificiels, une idée qui j'en suis sûr séduira plus d'un décideur, pour faire comme dans les pays occidentaux, qui dépollueront l’atmosphère de Beyrouth et déstresseront les habitants de cette ville, mais les ARBRES des trottoirs. Des lacs à Beyrouth, alors qu’on étouffe dans cette ville -et encore si on pouvait nager dedans!- quelle aberration, une blague de mauvais goût.

4. NON, mais on s’en fout royalement que « Le réseau d’eau nécessitera 4.200 mètres de tuyauteries, 3 citernes, 40 prises d’eau et 2 sources pour l’alimentation. Quant au réseau électrique, il comprendra 46 lanternes pour l’éclairage et 3.800 mètres de câbles souterrains... Deux petites maisons de gardiens qui seront chargés de l’entretien du jardin ». Mais, comment diable se fait-il que la municipalité de Beyrouth n’ait pas encore installé des accessoires dans ce parc depuis la fin de la guerre, malgré 22 ans d'interrompue taxation municipale, et la fin de l’occupation syrienne, il y a 8 ans ? Quelle tragédie !

5. NON, il est complètement superflu, risible et dépensier de doter le Bois des Pins « d’une cage à oiseaux et d’une cage à singes qui couvrira une superficie de 125 mètres carrés », ou de je ne sais quelle idée farfelue et grotesque, alors que l’air de Beyrouth est irrespirable ! Mais bordel, vous ne vous rendez pas compte, nous sommes déjà la risée du monde entier sur le plan écologique. Même vos singes imaginaires ricanent bruyamment.

6. NON, il n’y a pas de quoi se réjouir d’apprendre, « Avec une superficie de 41.000 mètres carrés, le jardin de Mousseitbé, sera conçu en gradins avec d’agréables escaliers... il est prévu des fontaines lumineuses et des bancs pour promeneurs. A l’est de Beyrouth, le jardin de Sioufi sera également aménagé en gradins. En plus des aménagements classiques, un restaurant est prévu pour ce jardin ». Disons qu’il s’agit d'un exemple parmi d'autres, de gaspillage de l’argent publique dans de ridicules aménagements qui ne bouleverseront pas la vie des habitants, alors que le poumon vert de la capitale libanaise, ce havre de paix qui représente 3/4 des espaces verts de la capitale, reste encore fermé au public depuis la fin de la guerre (1990), par la volonté de la municipalité de Beyrouth et de son président actuel. Pathétique.

7. NON, il est grotesque de s’enorgueillir de misérables aménagements et de folkloriques installations, qui seront encore facturés à prix d'or. « Le jardin de la Quarantaine n’aura que 3.000 mètres carrés environ. Un bassin de 56 mètres de diamètre, illuminé par un jeu de lumières et de jets d’eau... un kiosque circulaire suspendu qui donnera une vue d’ensemble et sur la côte et sur la montagne. Le cinquième jardin est celui de Rmeil, 4.000 mètres carrés, se distinguera des autres par sa conception et son style. En effet, un temple d’époque romaine découvert en ce lieu sera restauré et constituera l’arrière cadre du jardin. Devant le temple, un bassin rectangulaire à 7 jets d’eau, ayant une longueur légèrement inférieure au péristyle, garnira l’entrée du temple », sachant que les Beyrouthins ne disposent aujourd'hui que de 0,1 million m² d’espaces verts disponibles (le 0,3 million m² du Bois des Pins est interdit aux Beyrouthins), quand les Parisiens bénéficient de 24 millions m² et les Berlinois de 64 millions m². Non, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser pour l’aménagement de 0,007 million m² de verdure ! Tout ce qui a été fait à ce jour, depuis le départ des troupes ottomanes, par la municipalité de Beyrouth est totalement insuffisant. Il n'y a qu'à voir la misère écologique dans laquelle nous vivons actuellement. Il faut vraiment bien davantage et bien d'autres choses.

8. NON, nous n’avons pas confiance, mais alors pas du tout, quand on lit que « Ce rêve va enfin se réaliser dans un an environ, promet la municipalité de Beyrouth... Les plans relatifs à l’aménagement des jardins prévus sont terminés et l’administrateur de la capitale, le président et les membres du conseil municipal ont à cœur de les voir réalisés dans le plus bref délai... L’on prévoit que l’ensemble des travaux seront achevés fin 2014 ou début 2015 », sachant que Bilal Hamad, le président de la municipalité de Beyrouth n'a pas tenu sa promesse, réitérée à diverses reprises, pour « étudier » la possibilité d'ouvrir le Bois des Pins aux Beyrouthins, comme si c'était un acte de bienfaisance, alors qu’il détient les rênes du Conseil municipal de la ville depuis plusieurs années. En effet, c'est un secret pour personne, il est farouchement opposé à l’ouverture du plus grand espace vert de la capitale au public libanais pour diverses raisons aussi ridicules que bidon, sans prendre les dispositions nécessaires pour s’en prémunir (peur que les sauvageons Libanais ne viennent couper les arbres, faire des barbecues, fumer le narguilé, etc.).


Blague et poisson d'avril à part, après la lecture des projets de la municipalité de Beyrouth concernant les espaces verts de la capitale -des projets qui existent bel et bien en version papier et dans les matières grises des éminents conseillers municipaux, mais qui dorment pour l'instant dans les tiroirs administratifs- nous commençons un peu à comprendre pourquoi l’ouverture du Bois des Pins aux résidents de Beyrouth et le réaménagement des jardins publics de la capitale trainent en longueur. Ce n'est pas l'argent qui manque à la municipalité de la capitale. On se demande si le Conseil municipal de Beyrouth ne retarde pas l’ouverture du Bois des Pins précisément, afin de mieux faire passer des projets coûteux où les risques de gaspillage de l’argent public sont importants et afin de pouvoir imposer par exemple de juteuses idées comme l'établissement de restaurants dans les parcs et les jardins libanais, l'instauration d'un droit d'entrée et la réactivation d'une ânerie qui devait consister à installer des parkings dans les sous-sols de ces espaces verts (et ce n'est pas un poisson d'avril; donc, adieu les grands arbres, et bienvenue aux arbustes et aux petites plantes ridicules!). Le culte de Benjamin Franklin, même dans les parcs et les jardins ! En tout cas, pourquoi faut-il qu'au Liban, on opte toujours pour des réalisations onéreuses, dont une partie des dépenses pourrait s’évaporait dans des commissions occultes et de belles surfacturations, alors qu’on peut envisager souvent de projets plus économiques et plus utiles à la population ? Un exemple parmi tant d’autres, disséminer 150 000 arbres dans les rues de Beyrouth et arrêter de couper les ficus des trottoirs permettraient d’obtenir rapidement et pour un coût dérisoire, 1, 2, 5, 10 et 15 millions de m² de verdure ! La municipalité de Beyrouth dispose de l’argent des contribuables comme si c’était un don tombé du ciel, un trésor enfoui, mais retrouvé, du temps des Croisades et de la Sublime porte. Il ne fait pas de doute que l’argent des Beyrouthins sera mal investi. Dépense et utilisation inutiles et inefficaces. Ce ne sont pas les exemples de gaspillage de l’argent public qui manquent. En deux mots : on peut faire mieux et moins cher !

Pour augmenter significativement et aisément la surface des espaces verts à Beyrouth, il existe deux moyens peu couteux. Donc, avant de gaspiller l’argent des contribuables beyrouthins dans de vastes projets, la municipalité de Beyrouth doit procéder à trois actions immédiates, pour au moins prouver sa bonne foi, son intéressement écologique et son désintéressement financier :

1. Arrêter de tailler sévèrement les arbres des trottoirs de Beyrouth, pour en faire de ridicules boules et cubes décoratifs, dans une ville très chaude et trop humide, du mois de mai au mois d'octobre, où il ne pleut pas presque la moitié de l'année. Laisser les arbres des trottoirs se développer en hauteur ne coutera rien, absolument rien, aucune livre libanaise et aucun cent -donc, zéro commission!- mais bouleversera la vie des habitants !

2. Reboiser toutes les rues et les jardins de la capitale. « De grands arbres dans toutes les rues de Beyrouth » est un projet simple, concret, ambitieux et révolutionnaire. Yes we can! Disséminer dans tout Beyrouth 15 000 peupliers d’Italie coutera beaucoup moins cher -donc, petite commission!- que la transformation des jardins en gradins et l’aménagement de ridicules cages à oiseaux et à singes, Ya Aadra dakhil essmik, wlak, Allah wou akbar, khafo rabkoun!, et c’est d’une plus grande utilité pour la population ! Sauf que...

3. Ouvrir le plus grand espace vert de Beyrouth, le Bois des Pins (Hérch Bayrout), aux résidents de la capitale. Il n'est pas normal qu'un espace plus grand que le jardin du Luxembourg ou le jardin des Tuileries, qui représente 3/4 des espaces verts de la capitale libanaise, soit toujours fermé au public, plus de vingt ans après la fin de la guerre, sans que les auteurs du maintien de cette fermeture abusive ne soient pas sanctionnés, sur les plans administratif, juridique ou électoral.
Réf.

De grands arbres dans toutes les rues de Beyrouth...
Yes we can ! (Art.72) Bakhos Baalbaki. In BB’s BLOGs, 2 sept. 2012

Can beirut become a city full of trees? Bakhos Baalbaki.
In BEYOND Magazine, 8 Feb. 2013